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L’avenir de l’auto-édition – 12 propositions

Ce billet a pour moi une importance particulière. Il ne parle pas de mon travail, ni d’un sujet technique, ni de l’art d’écrire, mais de l’avenir de l’auto-édition. En effet, bien que l’année que je viens de vivre m’ait apporté énormément de satisfactions et d’enseignements, je ne peux m’empêcher de nourrir quelques inquiétudes quant au devenir des auteurs indépendants à l’intérieur d’un système culturel qui leur refuse toute reconnaissance.

Tandis que le monde éditorial classique se contente – au mieux – de recycler les succès de l’auto-édition, la plupart d’entre nous demeurent des « auteurs Amazon », liés pour le meilleur et pour le pire au grand distributeur étasunien. Qu’on me comprenne bien : j’apprécie énormément certains aspects de ce revendeur, qui a eu le grand mérite de faire éclater l’oligopole éditorial français. Sans lui, aucun indé ne serait allé plus loin que ses prédécesseurs, par exemple ceux de la défunte Association des Auteurs Autoédités, condamnés à écouler eux-mêmes les piles de livres qu’ils conservaient dans leur garage, exactement comme un petit producteur de confitures artisanales ou de fromages de chèvre.

Après plusieurs années de ce « miracle Amazon », nous nous sommes regroupés sur les réseaux sociaux, nous encourageons les débutants et nous partageons nos ressources et nos expériences, mais nous demeurons isolés dans nos démarches et peu organisés. Dans les groupes Facebook, une poignée d’auteurs talentueux se réjouissent à juste titre de leur succès, mais ces réussites individuelles ne doivent pas faire oublier notre fragilité collective. Si nous voulons que l’auto-édition continue à grandir et apparaisse de plus en plus comme une alternative à l’édition traditionnelle, nous devons nous organiser et gagner la confiance des acteurs culturels qui se méfient encore de nous. Plutôt que d’agir seuls, en espérant que la manne numérique continuera de nous arroser – ou peut-être qu’un éditeur finira par nous reconnaître – nous pourrions construire ensemble un nouveau secteur de l’économie culturelle, concurrent crédible de l’édition traditionnelle, assurant une rémunération juste aux auteurs qui offrent au public des livres de qualité.

Le problème est que, si nous ne nous organisons pas, d’autres nous organiseront à notre place. On voit déjà fleurir, gonflées de marketing et d’infographies alléchantes, des offres commerciales destinées aux auto-édités, leur promettant une vie meilleure en échange de sommes pas si insignifiantes que cela. Ces « marchands du temple » sont parfois sincères, parfois efficaces. Qu’importe : ils tirent leur profit, non de la vente de nos livres, mais de nos achats de services. À l’instar des éditeurs à compte d’auteur, il ont intérêt à ce que nous soyons toujours plus nombreux, toujours plus dépendants, toujours moins informés de la vraie valeur de ce qu’ils nous offrent.

Les propositions présentées ici prennent le contrepied de cette tendance. Plutôt que de nous délester de notre argent en échange de services qui prétendent nous faciliter la vie, elles tracent des chemins d’autonomie et de développement collectif. Mon objectif étant, comme je l’ai dit dans le podcast que Cyril Godefroy m’a consacré, de contribuer à construire notre maison commune, afin que d’autres que moi en puissent bénéficier.

Toutes mes propositions ne sont pas originales, ni d’ailleurs intéressantes. Libre à vous de modifier, de couper, de transformer ou de prendre une direction totalement différente. J’offre ces idées pour illustrer les possibilités que recèle la mise en commun de nos efforts. Si, après avoir lu cet article, l’un ou l’autre d’entre nous s’en inspire pour créer une initiative collective dans l’esprit de celles que je préconise, j’estimerai que je n’ai pas perdu mon temps.

Note : les niveaux d’utilité et de difficultés sont notés de1 à 5, 1 représentant le plus facile ou le moins utile.

L’union fait la force

1 – Mise en commun de nos ressources professionnelles

Niveau d’utilité :2

Niveau de difficulté : 1 à 4

Moyens nécessaires : groues Facebook, site dédié, blog

Le problème : Tout auteur indépendant est censé s’entourer d’une équipe éditoriale, souvent composée de relecteurs, de correcteurs, d’illustrateurs, de graphistes ou concepteurs de couvertures, de maquettistes et de spécialistes du formatage numérique. Certains membres de cette équipe sont particulièrement difficiles à trouver, et le professionnalisme n’est pas toujours au rendez-vous. En tant qu’auteurs expérimentés, nous possédons tous notre carnet d’adresse, accompagné d’appréciations et de commentaires qui seraient utiles à tous.

Ma proposition : Mettons en commun tous ces carnets d’adresse individuels, par exemple sous la forme d’un site regroupant toutes les ressources professionnelles que nous recommandons. Par définition, un tel site deviendrait automatiquement un lieu de promotion très convoité pour tous les relecteurs, graphistes, illustrateurs indépendants. Pourquoi ne pas leur donner la possibilité d’y placer une offre accompagnée d’un portfolio, à la manière de Fiverr ? Oui, je sais : un site internet, ça coûte de l’argent et ça prend du temps, deux articles dont nous sommes cruellement démunis. Ceux qui ont une autre idée sont priés de la partager.

2 – Création de groupes d’auteurs se définissant par des caractéristiques communes

Niveau d’utilité : 4

Niveau de difficulté : 2

Moyens nécessaires :groupes Facebook, site(s) internet, projets communs, manifestes, projets, harmonisation des couvertures

Le problème : Le public assimile souvent l’auto-édition à une absence d’éditeur, de contraintes formelles, etc. L’indépendance n’est pas encore considérée comme une qualité, seulement comme un refus de se plier aux règles en vigueur dans le monde éditorial.

Ma proposition (inspirée du récent podcast de Cyril Godefroy avec Laurent Bettoni) : Groupons-nous par liens d’affinité et créons des écoles, des courants, des désignations communes. Après tout, nous nous lisons déjà mutuellement et ces lectures nous influencent. Nos points communs, par genre littéraire, pourraient devenir des étendards permettant de nous identifier et de renforcer la reconnaissance de chacun d’entre nous. En plus, les journalistes raffolent de ce genre d’étiquettes, qui facilitent leur travail et leur donnent l’angle d’un papier facile. Cette proposition simple à réaliser ne demande pas de gros moyens et peut servir de source d’inspiration. L’obstacle principal ? L’individualisme des auteurs, bien sûr !

Note (23/10/16) : Un label a offert la preuve éclatante de l’utilité de cette idée : Bad Wolf, qui regroupe plusieurs auteurs de fantasy. Non seulement ce label a réussi à fidéliser les lecteurs, mais il a attiré l’attention d’un éditeur papier. Aujourd’hui, Bad Wolf est édité par actusf et bénéficie d’une presse qui ferait rêver tout auteur indépendant.

3 – Création de labels éditoriaux collectifs et de collections thématiques dans un cadre associatif

Niveau d’utilité : 5

Niveau de difficulté : 4

Moyens nécessaires : une association, avec formalités administratives garanties

Le problème : En tant qu’indépendants, nous sommes seuls face à des acteurs économiques au moins nationaux, parfois planétaires. Non seulement nous ne disposons que de la liberté que ces acteurs veulent bien nous concéder, mais nous sommes à la merci d’une modification des règles du jeu. Tant que tout va bien et que les chiffres des ventes restent élevés, nous pouvons nous contenter des stratégies de marketing que nous avons toujours utilisées. Nous restons confinés dans le ghetto numérique, mais nous nous en contentons. Les choses se compliquent en cas de chute des ventes ou quand nous rêvons de conquérir les lecteurs attachés aux livres imprimés. Le seul fait d’acheter des livres en impression à la demande et de les laisser en dépôt à des libraires fait de nous des commerçants, avec les risques fiscaux et légaux associés.

Ma proposition : Créons des structures associatives d’édition permettant la vente de nos livres papier et mutualisant nos efforts afin de négocier avec des libraires, des distributeurs matériels ou immatériels. Certains exemples, comme celui des éditions Hélène Jacob, nous enseignent que de telles structures sont possibles sans sortir de l’exigence de non lucrativité.

4 – Négociations collectives avec Amazon et d’autres plateformes pour bénéficier des mêmes prérogatives que les éditeurs

Niveau d’utilité : 5

Niveau de difficulté : 4

Moyens nécessaires : une association (voir proposition n°3)

Le problème : Bien qu’Amazon se montre très accueillant envers les indépendants, nous savons tous que nos livres ne bénéficient pas des mêmes mises en avant que ceux des éditeurs. Notamment, nous ne pouvons accéder (plus facilement – modification du 3 novembre) à des offres comme la « promotion Kindle du mois » ou l’« offre éclair Kindle ». Ces mises en avant améliorent considérablement la visibilité des ouvrages – et donc leur vente – mais Amazon en conserve l’initiative. Des plateformes d’édition numérique comme LIbrinova y ont accès, avec des résultats impressionnants (demandez à Azel Bury ce qu’elle en pense).

Ma proposition : Utilisant l’association mentionnée au point 3, ainsi que l’identité collective mentionnée au point 2, il ne me paraît pas impossible de négocier avec Amazon pour obtenir que nos livres soient mis en avant de la même façon. Mettez-vous à la place de ce distributeur : un groupe d’auteur facilement identifiable, disposant d’un bon lectorat collectif, offre des garanties de ventes justifiant largement l’intégration des livres aux dites promotions.

5 –  Négociations collectives en vue de la distribution physique

Niveau d’utilité : 5

Niveau de difficulté : 5

Moyens nécessaires : une association (voir proposition n°3)

Le problème : Le faible développement du numérique en France confine les livres numériques dans une frange très réduite du lectorat. Si certains genre, comme le thriller ou l’humour, se vendent bien en ebooks, d’autres y demeurent sous-développés, comme en témoignent les catégories commerciales d’Amazon. Mais les auteurs qui cherchent à vendre leurs livres papier sont immédiatement confrontés au problème de la distribution : sans éditeur, aucun distributeur ne consentira à écouler leurs ouvrages, et les seules solutions qui leur resteront seront de les laisser en dépôt à une poignée de libraires ou de passer leurs week-ends en séances de dédicaces dans des grandes surfaces culturelles ou non.

Ma proposition : Pour intéresser un distributeur, un éditeur doit publier une vingtaine de livres par an au minimum. Ce chiffre est hors de la portée d’un auteur individuel, mais peut être facilement atteint par un groupement d’auteurs indépendants à l’intérieure d’une structure éditoriale. Imaginez une association offrant aux auteurs, non de les éditer, mais de les assister dans leurs démarches de distribution, en laissant ces auteurs financer leur propre activité. Évidemment, cela impose de sortir du modèle de l’impression à la demande pour constituer des stocks de livres, qui sont ensuite envoyés au distributeur. Ces stocks représentent une immobilisation importante de liquidités, ainsi qu’un risque financier si les auteurs acceptent les retours (ce qui est fortement recommandé). Mais le jeu en vaut la chandelle : en cas de réussite, l’auto-édition posséderait enfin un modèle économique assurant une distribution rentable en librairie.

Aide au lancement et à la promotion

6 – Création d’un réseau de prescripteurs, bénéficiant de livres gratuits, d’offres spéciales, etc

 Niveau d’utilité : 3

Niveau de difficulté : 3

Moyens nécessaires : groupe Facebook, site internet avec Blog, comptes Livreaddict, Babelio, etc.

Le problème : Tout auteur a besoin de commentateurs qui donnent aux lecteurs des raisons de les lire. Blogueurs, sites de critiques comme Babélio (peu accueillant envers les indés) ou Livraddict (très accueillant envers les indés), commentateurs sur Amazon, ces pionniers de la lecture ont le pouvoir d’amorcer le fameux bouche à oreille qui nous fait rêver. Mais certains chroniqueurs ont eu la bonne idée de se regrouper sur Facebook, d’autres agissent en ordre dispersé, par exemple dans le cadre d’un CDI ou dans celui d’une association thématiques.

Ma proposition : Si Babélio et Livraddict arrivent à offrir des livres en échange de chroniques, pourquoi ne pas les imiter en regroupant toutes les offres de romans indés sur un groupe ou un site ? Il s’agirait simplement de rendre permanentes et faciles d’accès les offres que que la foire aux auteurs auto-édités a réalisé dans un temps défini. Plutôt que de lancer des promotions gratuites tous azimuts en espérant qu’un lecteur nous fera l’aumône d’un commentaire, cette façon de procéder aurait l’avantage de s’adresser directement aux bonnes personnes.

7 – Partage de listes

 Niveau d’utilité : 2

Niveau de difficulté : 1

Moyens nécessaires : des listes, un site permettant leur gestion et l’organisation de campagnes d’information (MailChimp, par exemple)

Le problème : « L’argent est dans la liste », disent les auteurs anglo-saxons. Sean Platt, Johnny B. Truant et David W. Wright, les auteurs du Self-Publishing Podcast, par exemple, recommandent à tout confrère de fonder toute leur stratégie de marketing sur la construction d’une liste de lecteurs. Ainsi, affirment-ils, vous serez à l’abri de tout changement de politique de qui-vous-savez et vous ne dépendrez plus de personne pour promouvoir vos œuvres futures. À l’usage, cependant, il n’est pas si facile d’obtenir l’adresse mail d’un lecteur. Comme tout le monde, ce dernier n’apprécie guère le spam, et sait que son adresse peut se retrouver comme par magie dans une liste transmise (pour de l’argent, cqfd) à tous les vendeurs de camelote de l’univers.

Ma proposition (merci à Alan Spade et à Pascal Bléval de me l’avoir inspirée) : Proposer aux lecteurs l’inscription, non pas à une lettre d’information individuelle, mais à une liste collective, consacrée à un sujet ou à un groupe d’auteurs. Cette inscription aurait deux usages : réalisée sur un site d’auteur, elle servirait classiquement à créer des campagnes d’information individuelles (lettres d’information, annonces exceptionnelles, etc.) et alimenterait aussi des campagnes collectives. Si cette formule ne convient pas, deux variantes sont possibles : proposer à chaque lecteur non pas une, mais deux inscriptions ou bien conserver le principe des lettres d’information individuelles, mais avec une partie consacrée aux autres auteurs du groupe

8 – Organisation de la promotion des ouvrages d’un collectif d’auteurs

 Niveau d’utilité : 3

Niveau de difficulté : 1

Moyens nécessaires : un groupe Facebook secret (suivez mon regard) avec un dispositif permettant l’échange équitable de services

Le problème : Le lancement d’un livre est une étape cruciale, qui détermine souvent sa destinée ultérieure. Des groupes Facebook se sont déjà organisés pour coordonner les actions promotionnelles de groupes d’auteurs en faveur d’un membre. Ces actions sont utiles, mais pourraient être améliorées.

Ma proposition : Plutôt que d’envisager des partages sur les réseaux sociaux, des commentaires et des téléchargements, pourquoi ne pas concevoir une véritable stratégie marketing, avec analyses détaillées, vidéos, rédaction de résumés, etc. Cette stratégie serait ensuite mise à exécution par les autres auteurs. L’idée serait de procéder à des échanges de services, en évitant à l’auteur concerné par le lancement de chanter tout seul ses propres louanges. Par exemple, chaque action vaudrait à celui qui l’accomplit un point de marketing, à utiliser dans un lancement futur.

9 – Contributions des auteurs à la critique des ouvrages d’autres auteurs, également dans le cadre d’un collectif

 Niveau d’utilité : 3

Niveau de difficulté : 2

Moyens nécessaires : divers sites, groupes, un groupe Facebook pour coordonner les efforts

Le problème : Quel auteur ne rêve pas de lire une analyse intelligente de ses livres, écrite par quelqu’un qui sait ce dont il parle, par exemple un autre auteur ? Cela arrive, bien sûr. Nombre d’indés – parmi lesquels votre serviteur – bénéficient de commentaires Amazon écrits par leurs sympathiques confrères. Pourquoi ne pas aller plus loin ? Pourquoi se contenter de quelques lignes sous la fiche produit du livre ?

Ma proposition : Lire et commenter les confrères prend du temps, ressource dont nous sommes tous démunis. À mon sens, la seule façon de nous assurer que nous ne gaspillerons pas ce temps au profit d’auteurs qui ne nous rendront jamais la pareille est d’instaurer un système d’échange, où chaque contribution serait comptabilisée et autoriserait à l’auteur concerné de pouvoir demander la pareille à son profit. Sans ce renvoi d’ascenseur, les chroniques et commentaires demeureront ce qu’ils sont : des dons volontaires, dépourvus d’arrière-pensée, aussi rares que le sont tous les cadeaux.

Faire parler de la littérature indé

10 – Création de promotions collectives, de recueils, d’anthologies, de webzines

 Niveau d’utilité : 3

Niveau de difficulté : 4

Moyens nécessaires : sites, groupes, temps, correcteurs(trices), graphiste(s), maquettiste(s)

Le problème : Pour un lecteur, quel meilleur moyen existe-t-il de découvrir des nouveaux auteurs dans son genre favori que de lire de recueils de textes brefs, des anthologies, des webzines ? Plutôt que d’être confronté à l’offre infinie d’un site comme Amazon, le chaland découvre une groupe d’auteurs aux caractéristiques communes (voir proposition 2), parmi lesquels il choisira ceux dont les textes le séduisent. Ces périodiques thématiques, courants dans la littérature éditée, demeurent rare dans le monde des indépendants

Ma proposition : Pascal Bléval a, le premier, eu l’idée d’un « recueil florilège » réunissant des extraits de romans. De telles initiatives me paraissent plus prometteuses que les concours de nouvelles, dont l’initiative échappe en général aux auteurs. Plus encore que les édités, les indés ont la responsabilité d’expliquer leur démarche et de donner aux lecteurs des raisons de les lire. Aux antipodes d’un « achetez-moi » diffusé sur toutes les plateformes, la participation à ce genre d’ouvrages montre les auteurs sous leur meilleur jour : celui de passionnés de leur genre ou de la littérature en général, acceptant de contribuer à une œuvre collective.

11 – Mise à contribution des auteurs-vedettes pour promouvoir la littérature indépendante

Niveau d’utilité : 3

Niveau de difficulté : 1

Moyens nécessaires : des auteurs à succès

Le problème : Pour oser nous lire, une partie du grand public a besoin que des personnalités connues légitiment la démarche de l’auto-édition.

Ma proposition : À l’intention des confrères et consœurs devenu(e)s célèbres dans le monde édité après un début dans l’auto-édition : s’il vous plaît, pensez à ceux qui sont restés dans le monde de l’indépendance. Un petit mot de votre part serait le bienvenu, pour s’opposer aux préjugés de ceux qui pensent encore que les auteurs sont des enfants qui ont besoin d’un papa éditeur pour trier leur création.

12 – Organisation d’événements : séances de signature, salons, lancements, etc.

  Niveau d’utilité : 3

Niveau de difficulté : 5

Moyens nécessaires : une salle, des moyens de communication, des appuis et relais

Le problème : Quelle souffrance, de constater que les indépendants ne sont pas les bienvenus dans les nombreuses manifestations organisées autour de la littérature ! Dans de nombreux cas, l’auto-édition est considérée comme une tare et les portes se ferment dès que ce mot est prononcé.

Ma proposition : Organisons nos propres événements ! Oui, je sais, les auteurs sont rarement doués dans ce domaine. Je devine pourtant que, si la littérature indépendante continue de se développer, nous finirons par y venir.

29 avis sur “L’avenir de l’auto-édition – 12 propositions

  1. Jérôme

    Super article ! Pour ce mois-ci, je suis un peu occupé avec le Nanowrimo, mais sinon, je suis très intéressé par tout ce que tu proposes. Peut-être qu’un forum dédié à ce grand projet serait plus adapté pour débattre de chaque point évoqué.

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  2. Alan Spade

    Superbe effort, Guy! Merci pour ce travail de propositions constructives.

    Amazon, en envoyant sa récente lettre par rapport aux offres éclairs à des auteurs autoédités triés sur le volet, a prouvé qu’il était prêt à faire davantage pour les auteurs indé… à condition que ces derniers se plient à des conditions d’exclusivité.

    Dans des négos avec un mastodonte comme Amazon, il faut toujours mettre en relation les bénéfices avec les sacrifices, et ne jamais sous-estimer la portée des sacrifices.

    Il est vrai qu’une structure associative représentative, regroupant les demandes du plus grand nombre, nous permettrait sans doute d’être mieux écoutés, néanmoins le chantier est immense.

    Concernant l’édition papier, tu as eu raison de mettre le niveau de difficulté à 5. Je ne recommanderais pas, pour ma part, à des autoédités d’accepter les retours. Pourquoi? Parce que je n’accepterais pas de participer à un jeu où j’ai 90% de chances de perdre.

    Tout dépend des objectifs de chacun, bien sûr, mais mon objectif, c’est de durer, et dans un milieu aussi fondamentalement hostile et concurrentiel que l’édition, la prudence est de mise, me semble-t-il.

    Pour que j’accepte de travailler avec des retours, il faudrait que je travaille avec une association qui ait une puissance d’analyse prédictive comparable à celle d’Amazon… ce qui supposerait que mon nom soit déjà devenu une marque reconnue.

    Parce qu’il ne faut pas se leurrer, si Amazon est capable d’alimenter ses entrepôts d’un nombre très proche de livres papier, par exemple d’Hachette, de ceux qui seront vendus, c’est parce qu’ils ont des données très fiables sur les ventes de tel ou tel auteur sur leur plate-forme, ce qui suppose que ces auteurs aient des fans en nombre.

    Parvenir à modeler un modèle comportemental des achats de lecteurs de librairies physiques extrêmement diverses en taille et fréquentation me paraît autrement complexe que ce que fait Amazon.

    Je ne veux pas avoir l’air trop négatif, parce que nombre de tes propositions méritent considération: l’organisation de la promo d’ouvrages au sein de groupes, déjà entamée, la création de listes communes, qui devrait selon moi être développées pour être rendues le plus attrayantes possibles envers les lecteurs, sur le modèle de Bookbub, et que l’on peut relier à la création d’un réseau de prescripteurs. Et bien d’autres propositions (j’adhère beaucoup moins au fait de se commenter nos livres entre nous, en revanche).

    Autre point intéressant de ton blog, tu parles de l’individualisme des auteurs.

    Exemple pratique: j’ai déjà participé à une anthologie (Alice au Pays des Morts), que j’ai fini par publier moi-même au nom du groupe, expérience que je ne referais pas parce que ça m’a demandé trop de boulot.

    De même, j’avais créé un site, Babelpocket, permettant à des auteurs de centraliser leurs ebooks et de recevoir l’argent des ventes (100% moins la commission Paypal) directement sur leurs comptes respectifs.

    Là encore, je ne le referai pas parce que j’ai brûlé trop de temps et d’énergie là-dedans.

    Mon exemple n’est sans doute pas unique: l’individualisme est une tendance lourde chez les auteurs justement parce que le partage du travail est toujours extrêmement déséquilibré pour tout ce qui regarde l’édition.

    Même dans les groupes Facebook dont celui auquel tu fais allusion, je m’aperçois que c’est toujours la même personne (d’ailleurs créatrice du groupe) qui impulse véritablement les initiatives.

    La double chance historique que peuvent avoir les auteurs, c’est que d’une part nous sommes de plus en plus nombreux: nous pouvons imaginer des autoédités ingénieurs, des autoédités spécialistes du marketing, etc coopérant, et d’autre part, le développement des technologies qui devrait permettre un partage du travail au travers des sites internet.

    En fait, Amazon et Kobo Writing Life ne proposent rien de moins qu’une délégation du travail aux différents auteurs, en leur proposant de mettre au point leur page de présentation d’ouvrages.

    Les autoédités devraient à terme être capables de développer une série de sites capables de subvenir à leurs besoins.

    Malheureusement, il y aura toujours des requins qui essaieront aussi de canaliser les ressources en leur faveur exclusivement.

    De par la structure même de la société, j’ai tendance à penser que le problème des auteurs ne se cantonne pas à eux seuls, mais à des solutions globales de partage des richesses évoquées par Stephen Hawking lui-même lors d’une récente interview.

    Néanmoins, dans l’intervalle, nous nous devons d’être optimistes et de mettre en place, par nous-mêmes, le plus d’outils possibles. Encore faut-il nous assurer que ceux qui ont les leviers de commandes de ces outils aient vraiment une philosophie favorable aux auteurs. Le simple fait d’être auteur ne suffira pas.

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    1. admin Auteur de l’article

      Bonjour Alan,

      Merci pour ce commentaire détaillé.

      Évidemment, pour quelqu’un qui s’est déjà frotté à ce genre d’initiatives, mes propositions peuvent sembler sans espoir. Je persiste pourtant à croire que notre avenir passe par des collectifs d’auteurs bien plus que par des démarches d’autopromotion à l’intérieur du système existant. Les groupes Facebook ont le mérite d’exister, mais il faudrait aller beaucoup plus loin. Je remarque d’ailleurs que ces groupes bénéficient souvent à des auteurs qui auraient obtenu de bons scores de toute façon. On a toujours tendance à exagérer l’efficacité des démarches de marketing social, alors que les algorithmes Amazon font déjà tout le travail.

      Si Amazon était monopolistique sur le papier comme sur le numérique, je ne chercherais même pas à y échapper. J’ai d’ailleurs remis mes livres sur KDP select, ce qui m’a valu des emprunts réguliers, alors que je ne vendais rien sur Kobo et sur les partenaires de Smashwords.

      Mon inquiétude principale est l’isolement dans lequel la culture officielle tient les indépendants. Sans être obsédé par le monde des librairies et des salons, je rêve d’un modèle économique qui permettrait aux auto-éditer d’accéder aussi aux circuits physiques. Un jour, peut-être, une intermédiaire commercial nous le permettra, mais ce sera forcément en ramassant au passage une grande partie de nos revenus.

      Concernant les retours, je ne peux les concevoir qu’à l’intérieur d’un contrat de distribution, où le distributeur se chargerai du stockage et de la distribution physique, retours compris. En échange, une association pourrait collecter l’équivalent des revenus éditoriaux (15 à 20 %) et des droits d’auteur (6 à 15 %). On serait dans un schéma de petite maison d’édition classique.

      En fait, la plupart de mes propositions supposent un groupe d’auteurs qui conjuguent leurs efforts pour percer sur tous les marchés. Un tel groupe ne s’improvise pas, et le modèle n’est pas généralisable à l’ensemble des auto-édités.

      Je pêche peut-être par excès d’optimisme. En réalité, je n’ai pas envie ni le temps de me lancer dans les lourde démarches de promotions qui sont le lot de ceux qui ont choisi de travailler seuls. On verra si l’avenir immédiat confirmera plutôt mes craintes ou mes espoirs.

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  4. Alan Spade

    Concernant ton cas personnel, je ne suis pas sûr, Guy, que tu prennes les choses par le bon bout. Créer une association demande par exemple beaucoup plus de travail que faire des efforts de promo!

    Mais il y a promo et promo. Les groupes Facebook, à mon sens ne marchent pas vraiment pour la promo. Il est très facile de se perdre dans la promo.

    Mais la pub Facebook? Là, c’est différent. J’ai lancé hier une pub exclusivement sur Kobo. Cette pub concerne ma trilogie Ardalia complète à 0,99€. Cette trilogie n’est pas en vente sur Amazon.

    J’ai fait exprès de ne pas mentionner cette promo, ni sur Facebook, ni sur mon blog ou ailleurs, pour vraiment tester la pub Facebook.

    J’ai ciblé la pub vers le jeune public, et je constate que la très grande majorité (au moins 70%) des clics provient de jeunes de 13-17 ans, en majorité des jeunes filles.

    J’ai pour l’instant dépensé 6,53 euros (ce n’est que le début, je compte mettre environ 200 euros dans cette campagne d’une semaine), j’ai eu 16 clics depuis hier soir et trois ventes.

    Anecdotique? Sans doute. Nous verrons un peu plus tard, étant donné que cette pub va toucher pas mal de monde.

    Mais maintenant, je jette un œil au fichier excel sur lequel je note les adresses email des gens rencontrés en dédicace qui ont accepté d’être inscrits sur ma newsletter (je n’ai commencé à relever les adresses que très récemment). Et qu’est-ce que je constate?

    Que j’ai 35 personnes inscrites qui ont désiré recevoir un fichier epub, contre 4 personnes qui ont demandé du fichier kindle (j’offre le fichier numérique à toute personne qui m’achète le livre papier en dédicace).

    Tu me diras, ce sont des gens qui ne lisent pas forcément sur liseuse, puisqu’on s’est aperçu que les gens lisaient maintenant plus sur smartphone et sur tablettes type iPad.

    Mais ça veut dire quoi? Ça veut dire qu’il y a un vrai marché en dehors d’Amazon. Le problème, c’est que ce marché ne vient pas à nous. Il faut aller le chercher, et notamment à coups de promo payantes.

    Mais je pense que le jeu en vaut la chandelle. Si tu souhaites vraiment travailler sur l’avenir de l’autoédition, il me semble que tu dois approfondir ta réflexion à ce sujet. C’est indispensable.

    Je suis persuadé qu’Amazon n’est pas une fatalité, et j’entends le prouver.

    Et crois-moi, je n’aurais pas associé dans une même phrase « Amazon » et « fatalité » il y a quelques années, avant qu’Amazon ne s’amuse à jouer avec la notion d’exclusivité. Mais ils m’ont fait comprendre qu’il fallait tout faire pour rester indépendant.

    Attention aussi à ne pas voir le marché européen sous le prisme américain. Seul le Royaume-Uni s’inscrit vraiment dans la lignée des Etats-Unis en terme de parts de marché kindle. Notre stratégie doit donc en conséquence différer de celles de nos confrères auteurs américains, c’est de la simple logique.

    Répondre
    1. admin Auteur de l’article

      Je ne demande qu’à apprendre d’autres voies, Alan. Dans mon cas, mon public est captif des prescripteurs et de la carte bleue des parents. Je me trompe peut-être, cela dit, et mes actions de promotions manquent probablement d’efficacité.

      Il est vrai qu’une association sera toujours le mauvais outil, parce que le travail et la professionnalisation que demande l’édition ne peuvent être correctement rémunérés dans ce cadre. Au milieu de tous ses inconvénients, une association présente deux avantages : celui de légaliser des activités de vente de livres papier et de dédicace et celui de permettre une action collective.

      Je suis très intéressé par les expériences de pub sur divers réseaux sociaux et plateformes. Si Amazon avait ouvert la pub aux auto-édités, j’aurais déjà tenté l’aventure. Sur Facebook, les retours d’expérience français ne sont pas très encourageants, même si Nick Stephenson et Rick Mulready semblent pointer vers une efficacité possible. De toute faon, les petits éditeurs ne sont pas dispensés de pub.

      Cela dit, j’ai peut-être eu tort de commencer mon article par des propositions qui demandaient la création d’une association, parce que tout le monde me répond sur ce point et ne s’intéresse guère aunreste. Je crois beaucoup, par exemple, à des actions visant à améliorer l’image collective d’un groupe d’auteurs écrivant dans le même genre, par exemple, en définissant des caractéristiques communes, en multipliant les collaborations, en se commentant les uns les autres, etc.

      Répondre
  5. Azel Bury

    Super article, comme toujours !

    Comme je suis citée à propos de Librinova, je vais donc expliquer mon parcours à ceux qui ne me connaissent pas : j’ai  » simplement  » participé à un MOOC « Draftquest » pour écrire le premier jet de mon roman La Baie des Morts. Il s’avère que ce premier jet a reçu le troisième prix du concours Draftquest / Librinova , dont le gain était une publication du roman finalisé en version e-book chez Librinova ( d’une valeur de 75€ ( qui s’avère être finalement plus  » symbolique  » qu’autre chose, au regard des frais d’une entreprise )
    Comme mon roman a largement depuis dépassé les 1000 ventes, il entre donc dans le dispositif  » En route vers le papier » et Librinova devient mon agent littéraire (et pas mon éditeur) pour ce livre-là. C’est en sorte une expérimentation que je fais, du genre  » j’ai testé pour vous !  » ! je vais aller jusqu’au bout, nous verrons bien ce qu’il en advient. Je pense que pour un premier roman, c’est une bonne option pour démarrer… On se sent moins  » seul « .

    Mes trois autres livres ( bientôt 4 autres) sont par contre entièrement sous ma coupe ( KDP ), mais grâce au concours Amazon de cet été, ( je pense ) ils ont droit aussi à des mises en avant et des promos de la part d’Amazon. Je teste donc aussi le  » 100 % indep’ « , j’allais dire le 100 % KDP.

    Pour en revenir à l’article, je pense que le marketing est un vrai métier qui demande force et courage et temps et …. argent. Je ne sais pas si c’est compatible, en fait, avec une activité associative… On rentre de nouveau dans un schéma prestations de service avec rémunérations, parce que le bénévolat ça ne marche pas trop à ce niveau. Pour arriver à des résultats probants il faudrait donc se professionnaliser, et dans ce cas, on n’est pas loin de l’entreprise comme il en existe déjà beaucoup, avec ses avantages et ses inconvénients. J’ai eu une maison d’édition associative que j’ai géré bénévolement pendant des années, je peux dire que ça use !

    Pour les réseaux : je ne suis pas certaine que les groupes Facebook ou autre soient très efficaces en fait… sauf pour l’énergie de groupe, l’enthousiasme et les encouragements entre auteurs …

    Pour les circuits physiques, je crois qu’il y a bien trop de livres sur le marché traditionnel pour que les libraires s’occupent des auto-édités. De plus c’est pas forcément rentable pour nous, petits auto-édités. Il faudrait inventer la distribution spécial Indep, mais bon qui prendra le risque ? Pour l’instant, je commence à vendre pas mal de papier mais aussi sur Amazon…

    Alors ouais on est un peu coincé sur Amazon, les gars, faut s’y faire ! Mais tout compte fait, je préfère encore ça qu’être coincée à remplir les rayons d’un supermarché … 😀 Et au moins je n’ai qu’un intermédiaire entre moi et mes lecteurs …

    Et je crois qu’il faut vraiment identifier ce qui manque actuellement aux indeps pour qu’ils arrivent à écrire sereinement, parce qu’à un il manque un correcteur, à l’autre il manque un graphiste, etc etc… Mais peut-être qu’on pourrait simplement fédérer et  » troquer  » les compétences ? Une idée à suivre donc….

    Bravo et merci pour ton optimisme en tout cas !

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    1. admin Auteur de l’article

      Bonjour Azel,

      Merci pour ce commentaire, qui complète utilement mon article.

      L’indépendance, c’est la quadrature du cercle : on veut forcément le beurre et l’argent du beurre (là, je mélange les expressions !) On en revient toujours à l’idée qu’un éditeur, finalement, fait un boulot utile, même s’il facture ses services bien trop haut.

      Mes propositions sont destinées surtout à combattre une évolution que j’anticipe, celle de l’étouffement du marché numérique et de son évolution vers une mise au pas des auto-édités. Si nous devenons des auteurs Amazon à 100 % , il y a tout à craindre de l’avenir. Quant à l’édition traditionnelle, elle a déjà dressé un véritable cordon sanitaire contre nous et les passerelles commencent à disparaître (je pense à La Bourdonnaye).

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  6. cyrilgodefroy

    Cet article est bien trop complet et réfléchi pour que je me lance dans un commentaire qui essaierait de le couvrir en entier.

    De manière générale, toutes ces propositions sont très pertinentes, et j’ai un peu envie de dire : y a plus qu’à. Qui se charge de qui ou de quoi ?

    Pour ma part, j’ai créé et j’héberge un wiki il y a quelques mois, sur l’inspiration du moment. Les coûts d’hébergement sont à ma charge, l’admin du contenu est commune et collaborative comme dans tout Wiki. Si vous voulez l’exploiter pour héberger les pages, listes, etc qui nécessitent un espace commun, c’est open bar ! http://toutsurlautoedition.com

    La licence est BY-NC-SA qui est une licence dont j’espère qu’elle contentera tout le monde.

    Certaines démarches ou propositions par contre me paraissent très dures à mettre en place avec une structure associative. On voit d’ailleurs bien les difficultés de Bruno Challard dans ses différentes initiatives. Tout le monde est d’accord, personne ne fait rien.

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    1. admin Auteur de l’article

      Merci Cyril.

      À mon grand étonnement, la plupart des commentateurs s’accordent à dire qu’une structure associative serait extrêmement difficile à faire fonctionner. Je respecte leurs retours d’expérience, mais si j’élimine cette solution, je ne trouve plus que les trois possibilités suivantes :

      – passer par des « éditeurs » numériques commerciaux ;
      – choisir un statut d’auto-entrepreneur ;
      – renoncer à toutes les activités incompatibles avec le statut d’auteur, comme le négoce de livres papier, et me satisfaire de la solitude de l’auto-édité.

      En dehors de la question de l’accès à la distribution physique et de celle des négociations avec les distributeurs numériques, il me reste quand même un gros doute quant à la possibilité de vendre soi-même ses livres papier, sans devenir de facto un commerçant.

      Dans tous les cas, l’association n’est requise que dans mes propositions 3, 4 et 5. Pour le reste, il est possible de commencer avec des moyens relativement faibles. J’essaierai de lancer une ou deux initiatives moi-même, mais je ne peux rien faire sans l’adhésion d’un groupe d’auteurs. Un exemple facile à mettre en place : le partage de listes. Techniquement, il suffit de créer un compte MailChimp au nom d’un groupe d’auteurs et de demander à chaque participant de remplacer l’appel à inscription présent sur son site par une offre d’abonnement à la lettre d’information du collectif. Si, après avoir lancé cette offre, par exemple à tous les indés qui écrivent de la SF ou de la fantasy, je n’obtiens qu’une ou deux réponses plutôt tièdes, je saurai à quoi m’en tenir. Si, au contraire, plusieurs confrères acceptent de jouer le jeu, j’interpréterai cela comme un signe encourageant, qui m’incitera à continuer.

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      1. Alan Spade

        Guy, concernant l’association, je vois cela comme un moyen de structurer une activité. C’est un moyen qui existe, et qui peut convenir, la question n’est pas là. Mais disons que dans ma philosophie, je préfère mettre en place d’abord une activité et vérifier sa rentabilité avant de la structurer (et en ce qui me concerne, moins il y a de structure, mieux je me porte).

        Pour la newsletter telle que tu la proposes, cela me paraît voué à l’échec. Les mailings lists sont un véritable trésor de guerre pour les auteurs (je parle de mailing lists de vrais lecteurs, dont ils savent que beaucoup leur ont déjà acheté des livres), aussi réduites soient-elles.

        Ce qui s’est passé aux Etats-Unis, c’est qu’on a eu certains auteurs qui ont réussi à développer de véritables mailing lists avec leurs propres livres, et qui, dans un deuxième temps, s’étant aperçus qu’ils étaient doués pour attirer de nouveaux lecteurs, ont décidé de donner ponctuellement, sur certaines dates et moyennant rémunération, et avec le consentement de leurs lecteurs, accès à leur mailing list à d’autres auteurs.

        Ce sont typiquement des auteurs qui ont un sens commercial et qui n’hésitent pas par exemple à faire gagner à des lecteurs des kindle ou des ipad dans le but d’attirer plus de monde vers leur newsletter.

        Regarde aussi Marc Dawson: on a là un auteur à succès, qui sait utiliser les pubs Facebook suffisamment pour bien gagner sa vie avec ses livres. Mais loin de se contenter de cela, il se fait rétribuer ses conseils. Par exemple, la dernière « master class » qu’il a mis en place a attiré pas moins de 700 auteurs. Fais le calcul, à 550$ l’année, ça lui fait pas loin de 400 000$ de surplus.

        Certains s’en contenteraient, et pas seulement comme argent de poche… 😉 Comme on dit, dans les ruées vers l’or, ce sont souvent ceux qui vendent les pelles et les pioches qui s’en sortent millionnaires.

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        1. admin Auteur de l’article

          Ce que j’apprécie dans ton approche, c’est que l’aspect commercial ne te fait pas peur. Tant d’auteurs craignent de se salir les mains…

          Tu parles des auteurs US, mais la situation est très différente de ce côté-ce de l’Atlantique. La taille réduite de notre marché rend automatiquement moins rentable certaines démarches, comme celle de vendre, comme tu dis, des pioches. Au pays de Molière, n’importe qui peut voir que l’auto-édition n’est pas une ruée vers l’or.

          Concernant les listes, on pourrait mettre la barre moins haut. Plutôt que de proposer le partage de ces trésors de guerre, pourquoi ne pas parler plutôt d’un échange de petites annonces à l’intérieur des lettres d’information ? Ou à défaut d’un échange, une location d’espace ? Car il s’agit bien de cela : soit les auteurs concernés ont un lectorat de taille similaire, et on peut parler d’échange, soit ils ne jouent pas dans la même cour et le « grand » auteur aurait le pouvoir de louer des petits espaces publicitaires à l’intérieur de sa newsletter. À condition, bien sûr, qu’il ne se prenne pas pour un artiste incorruptible.

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          1. Alan Spade

            Absolument, des échanges sont possibles. Il serait nécessaire, dans ce cadre, que chacun des deux auteurs ait lu l’ouvrage de l’autre qu’ils présentent à leurs lecteurs.

            Ça, c’est quelque chose de tout à fait faisable, d’autant que les lecteurs aiment les livres recommandés par des personnes de confiance. Autant ça me dérange de commenter un livre d’un confrère sur un site de vente, autant dans le cadre d’une newsletter, ça pourrait me donner l’impression de parler simplement d’un livre que j’ai aimé à un ami.

            Donc, oui, il faut encourager ce genre de pratique, ça ne peut qu’encourager la lecture de manière générale, et l’amour des livres.

            La location peut aussi être envisagée, de manière générale, mais à condition d’avoir un seuil minimum de lecteurs d’un même genre. Quand je paye un emplacement sur une newsletter américaine, il faut qu’il y ait plusieurs milliers de lecteurs sur le genre concerné, au bas mot.

          2. admin Auteur de l’article

            Je sais que Pascal Bléval pratique déjà largement la pub pour les copains dans ses newsletters. Je vais réfléchir à une proposition, visant les auteurs de SF.

            Reste à trouver une newsletter de littérature de jeunesse francophone qui touche plusieurs milliers de lecteurs.

          3. Alan Spade

            C’est pour cela que je parlais de la richesse de compétences des auteurs, qui sont si nombreux. Il faudrait un profil d’auteurs ayant déjà des lecteurs jeunesse, très fort pour en trouver d’autres (compétence marketing/prospect), et qui souhaiterait monnayer sa liste de manière ponctuelle. Si les tarifs sont raisonnables et les lecteurs suffisamment nombreux, il ou elle aurait des clients!

    1. admin Auteur de l’article

      Merci pour cette information. Votre initiative est intéressante, et mériterait d’être communiquée aux groupes d’auteurs sur les réseaux sociaux. J’y regarderai de plus près dès que j’en aurai le temps.

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  7. Bruno Challard

    De nombreux projets se rapportant à ces propositions étaient déjà disponibles depuis près de trois ans, et ont servi de tests de faisabilité, sur le site « Auto-Edition ».
    Ceux qui fonctionnent sont maintenant réunis sur le site « Ecrire Publier Vendre » http://ecrire-publier-vendre.esy.es/ et couvrent les points suivants:
    1 – Mise en commun de nos ressources professionnelles
    2 – Création de groupes d’auteurs se définissant par des caractéristiques communes
    3 – Création de labels éditoriaux collectifs et de collections thématiques dans un cadre associatif
    4 – Négociations collectives avec Amazon et d’autres plateformes pour bénéficier des mêmes prérogatives que les éditeurs
    6 – Création d’un réseau de prescripteurs, bénéficiant de livres gratuits, d’offres spéciales, etc.
    7 – Partage de listes
    8 – Organisation de la promotion des ouvrages d’un collectif d’auteurs
    9 – Contributions des auteurs à la critique des ouvrages d’autres auteurs, également dans le cadre d’un collectif
    10 – Création de promotions collectives, de recueils, d’anthologies, de webzines

    Le site « Ecrire Publier Vendre » découle d’une réflexion commune menée depuis plusieurs mois sur l’objet « livre » et de ce que les lecteurs sont en droit d’en attendre.

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    1. admin Auteur de l’article

      Bonjour Bruno,

      Nous connaissons tous ton engagement en faveur des indés. De nombreux auteurs ont pu bénéficier des structures que tu as créées et en bénéficieront dans l’avenir. Cela dit, je crois qu’il y a la place pour d’autres initiatives dans le monde des auto-édités. Nous avons tout à gagner de la diversité, qui stimule l’imagination et fournit des solutions différentes aux mêmes problèmes. Par exemple, les caractéristiques communes dont je parle visent des auteurs regroupés par genre, partageant un style commun, un marketing similaire, etc.

      Nous n’avons pas tous les mêmes attentes ni les mêmes besoins. Pour ma part, j’apprécie la liberté que permet l’indépendance, et je ne suis rebuté ni par les questions techniques, ni par le marketing. D’autres peuvent avoir besoin d’une assistance technique ou commerciale, d’autres encore de conseils éditoriaux. À chaque profil correspond un type de structure ou de regroupement.

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  8. Philippe Mangion

    Bravo pour votre réflexion et sa formalisation dans cet article. Je suis prêt à participer à un tel projet.

    Propositions :

    Parlons plutôt d’oeuvres indépendantes, et non d’auteurs indépendants. Beaucoup d’entre nous sommes parfois édités dans des toutes petites maisons (à compte d’éditeur), mais qui ne font aucune promotion. De plus, peu d’entre nous sommes indépendants par conviction, mais simplement parce qu’on est systématiquement refusé par les éditeurs « traditionnels ».

    Définissons une charte de qualité minimale (présentation, orthographe, etc.), et aussi une charte déontologique des participants pour éviter les utilisations trop personnelle d’un projet collectif.

    A ce sujet (les abus et les profiteurs de l’édition libre) et pour info, par miracle un article que j’avais pondu sur le sujet avait été publié sur Liberation.fr :
    http://next.liberation.fr/culture/2014/11/14/pour-que-l-edition-libre-reste-credible_1143035

    Encore bravo,
    Philippe

    Répondre
    1. admin Auteur de l’article

      Bonjour Philippe,

      Merci pour votre commentaire. J’essaierai de lancer moi-même une ou deux de mes propositions, sans doute le partage de listes en premier.

      On pourrait aussi considérer que ces propositions ne sont pas réservées aux auteurs indépendants, et que les auteurs édités par des petites maisons d’édition peuvent en tirer profit. La récente petit annonce d’un auteur Gallimard sélectionné pour un prix littéraire, mais oublié des journalistes, nous montre que les grands éditeurs ont également rogné sur leurs budgets de communication. Une partie du travail de l’auteur est désormais de se faire connaître.

      L’idée de charte minimale me plaît, parce que les initiatives que je décris nécessitent une attitude professionnelle et un travail irréprochable. Je ne voudrais pas faire partie d’un collectif dont les livres sont truffés d’erreurs, mal mis en page ou formatés, enlaidis par des couvertures artisanales. La deuxième dérive que vous décrivez existe, avec des auteurs qui utilisent le groupe qu’ils ont créé pour valoriser leurs propres ouvrages.

      Les autres abus que vous décrivez dans votre articles sont réellement effrayants, et me rappellent les nombreuses affaires de commentaires achetés sur Amazon. Ces manipulations produisent un viral artificiel de courte durée, mais qui enrichit ponctuellement des opportunistes du web.

      J’espère que les auteurs prendront conscience qu’ils ne peuvent attendre leur salut que d’eux-mêmes. Rares sont ceux qui peuvent encore se contenter d’écrire et de gérer leur succès. Mes propositions vont dans ce sens.

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  9. Pingback : Top 5 autopublication numérique ! | carolinegadoury

  10. Jack Hydra

    Bonjour,

    Merci pour toutes ses propositions. Moi-même suis auteur indépendant qui débute et, à vrai dire, je ne connais même pas de graphiste pour le travail sur les couvertures des livres notamment. Pour le moment, je passe uniquement par The Book Edition et Lulu.com pour vendre mon tout premier roman de fantasy, puis plus tard sur Amazon. Ce qui fait que mes couvertures restent « artisanales » pour le moment. Totalement seul sur la construction de mes ouvrages, je fais tout de A à Z : du texte aux illustrations puis l’élaboration de la couverture quand je décide de mettre le livre en vente sur chacun des sites.

    C’est un travail long et pénible d’autant plus que j’administre mon site web tous les jours, ce qui fait qu’au final, je n’écris qu’une heure voire une demi-heure par jour, pour être honnête.
    Pour ma part, votre proposition d’association me semble la meilleure idée même si elle est très difficile à mettre en place, je le conçois bien : il faut se mettre d’accord sur des dates de réunion, trouver l’endroit idéal où on peut se voir régulièrement … Bref, c’est loin d’être aisé et communiquer uniquement via les réseaux sociaux ou par mail me paraît inadapté pour ce genre de proposition. Enfin, je trouve votre idée de se partager les adresses de professionnels très intéressante, pour ne pas dire indispensable !

    Pour conclure sur tout ça et comme vous l’avez si bien dit Guy, il est nécessaire que les auteurs auto-éditeurs s’unissent, même s’il n’est pas toujours simple de trouver des solutions raisonnables et faciles à appliquer.

    Bien à vous,

    Jack.

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    1. admin Auteur de l’article

      Merci pour ce commentaire, Jack.

      Effectivement, l’auteur indépendant est confronté à une montagne de tâches, qui peuvent rapidement le submerger. J’ai expliqué dans mon blog toutes les démarches que j’ai entreprises pour arriver à un produit final de qualité. Personnellement, je crois que les auto-édités doivent investir dans leur propre réussite et s’adresser à des professionnels, comme Kouvertures.com. Bien sûr, cela représente un risque financier, et il faut être sûr de rentrer dans ses frais.

      Concernant l’association, je viens d’en créer une avec Pascal Bléval, et nous communiquerons sur ce sujet dès que tout sera prêt. Pour un auteur qui débute, il vaut peut-être mieux commencer sans structure et se concentrer sur l’apprentissage de l’art de l’écriture.

      Merci en tout cas de m’avoir permis de découvrir votre travail et je vous adresse mes meilleurs vœux de réussite !

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