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Débuts de romans : le début du Côté de chez Swann, de Marcel Proust

Les débuts de romans des auteurs indés

Dans le monde du zapping et de l’immédiateté, tout auteur est conscient de l’importance des premières phrases de romans. Qui ne se rappelle pas le « Longtemps je me suis couché de bonne heure. » de Proust, le « Vous avez mis votre pied gauche sur la rainure de cuivre, et de votre épaule droite vous essayez en vain de pousser un peu plus le panneau coulissant. » de Butor, le « Bien des années plus tard, face au peloton d’exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l’emmena faire connaissance avec la glace. » de Gabriel Garcia Marquez ? Même si un bon début ne suffit pas à assurer le succès d’un roman, il fait partie des éléments qui attirent l’attention des lecteurs et qui leur donnent envie de poursuivre leur découverte. (Note : si vous voulez lire un bon article sur les incipits célèbres, celui d’Aloysius Chabossot vous comblera) (suite…)

Réécriture : Nate - IMG_0856 - trouvé sur Flickr

Cinq conseils pour faciliter la réécriture

Dans les représentations populaires, le romancier écrit son opus de le première page à la dernière, puis envoie aux éditeurs le tapuscrit dont l’encre achève à peine de sécher. Accessoirement, il utilise une vieille Underwood, qui rend toute correction difficile. L’imaginaire ne s’encombre pas de nuances ni de corrections ; à ma connaissance, aucun film n’a jamais mis en scène un écrivain en prise avec l’étape la plus difficile de la gestation littéraire : la réécriture. (suite…)

Kindle Spy sur Chrome

Kindle Spy, un outil d’analyse des données d’Amazon

Voici quelque temps déjà que les auteurs auto-édités qui lisent l’anglais ont entendu parler de Kindle Spy. L’auteur britannique Nick Stephenson, l’un des meilleurs spécialistes du marketing littéraire, cite souvent l’extension de Navigateur (payante) Kindle Spy comme un excellent outil pour extraire d’Amazon des données utiles. Hélas, les premières versions se limitaient au site Amazon.com, ce qui excluait toute utilisation par les auteurs francophones. Si j’écris ce billet, c’est parce que cette situation a changé récemment, avec la parution de la dernière version (V. 4.23, 10 juin 2015), capable d’exploiter des données provenant des sites étasunien, britannique, canadien, germanique, italien, espagnol et français d’Amazon. À vous de juger si les services offerts justifient l’achat de cette application dans sa version actuelle (47 $). (suite…)

Description dynamique : Les Voies d'Anubis, de Tim Powers

Écriture : description statique ou dynamique ?

La littérature possède bien des avantages dont le cinéma est privé : le monologue intérieur et l’intimité avec les personnages, les images et métaphores, les réflexions philosophiques, la prise en compte des sens autres que la vision… Hélas, puisqu’on parle de vision, il est un point au moins sur lequel le septième art fait preuve d’une indéniable supériorité : la figuration des choses vues, qui en littérature exige toujours une description. (suite…)

Vrai auteur : Denis Bocquet - Paris 2015

Le mythe du « vrai auteur »

Les auto-édités sont-ils de vrais auteurs ? Le billet récent de Thibault Delavaud, Pourquoi les livres autoédités sont-ils mauvais ?, est littéralement hanté par cette question, qui traverse également les blogs de beaucoup d’auteurs indépendants. Charlie Bregman, par exemple, y répond à sa façon. Il estime que la présence, parmi les indépendants, d’une forte minorité d’auteurs hybrides (publiés également par des éditeurs) montre qu’il est au moins possible d’être un vrai auteur tout en s’adonnant aux délices de l’auto-publication.

Si je m’attaque à mon tour à cette épineuse question, c’est pour dénoncer l’idéologie qui la sous-tend, afin de contribuer à balayer certains préjugés qui excluent les auto-édités du monde littéraire. À une époque où les « vrais auteurs » s’appellent Guillaume Musso, Marc Lévy ou Bernard Werber, le système culturel peut difficilement se draper dans sa dignité littéraire pour refuser le nom d’auteurs à ceux que les éditeurs n’ont pas choisis. Je défends donc une idée toute simple : que toute personne qui a écrit un livre est un auteur, sans que personne ne puisse la traiter de contrefaçon. On peut être un mauvais auteur, un auteur indigne, une auteur sans succès, un auteur sans orthographe, mais le faux auteur me parait relever d’un essentialisme fondé sur aucune réalité concrète. (suite…)

Personnages - Matias Roskos - Pictoplasma 2011 - Character Walk

Comment je crée mes personnages

J’ai commencé à écrire sans avoir conscience de la nécessité de créer des personnages. Je pensais qu’il suffisait de griffonner sur une fiche cartonnées quelques caractéristiques physiques, psychologiques et sociales pour que mon protagoniste, telle une créature de roman fantastique, accède à l’existence.

Il en est résulté une galerie d’ectoplasmes et de copies déguisées de moi-même, qui finissaient toujours par ennuyer, agacer ou mettre en colère les amis à qui je confiais la douloureuse corvée de me lire. Antipathique, ma Sarah ? Inexistant, mon François ? Je devais me rendre à l’évidence : les mésaventures que j’infligeais à ces êtres imaginaires ne suscitaient jamais la compassion, parce qu’elles n’arrivaient, pour ainsi dire, à personne. (suite…)

Auto-édités : Dave Catchpole - The Making of Harry Potter

Mauvais, les auto-édités ?

La parution, vendredi 5 juin, du billet de Thibault Delavaud Pourquoi les auto-édités sont-ils mauvais ? a déclenché une tempête sur Facebook. De façon prévisible, les auteurs indépendants ont exprimé une forte opposition à l’égard des idées exprimées dans cet article. Dans ce billet, je souhaite répondre à Thibault de façon amicale, respectueuse et constructive. En effet, j’estime que la question qu’il pose est à la fois courageuse et justifiée, et que les auteurs indépendants doivent disposer d’une réponse convaincante. (suite…)

Faux commentaires : Orin Zebest - Fake Flowers In the Sun

Le scandale des faux commentaires Amazon

Mon dernier billet de blog était consacré à 10 services pour auteurs sur Fiverr. J’avais choisi ces services en évitant avec soin certaines offres indélicates, mais un détail m’a échappé : parmi les services de marketing dont je me suis contenté de reproduire la liste figurait celui-ci :

L’ennui, c’est que cette catégorie, si elle expose certaines prestations parfaitement légitimes, comme le rédaction de critiques permettant d’améliorer un site internet, contient principalement des Gigs proposant la publication de faux commentaires. Cette pratique, forcément répréhensible, non éthique et contraire aux contrats d’Amazon, semble pourtant très répandue outre-Atlantique. Excellente occasion pour faire le point et pour fournir mes propres commentaires – parfaitement éthiques, quant à eux ! (suite…)

Logo de Fiverr

10 services pour auteurs sur Fiverr

Fiverr® est un site internet étasunien présentant une offre gigantesque de services dont la version de base coûte 5 dollars. On y trouve tout et n’importe quoi, depuis la jeune femme qui vous chante « joyeux anniversaire » dans un style punkrock jusqu’à celle qui vous envoie un kit contenant de la bière artisanale au gingembre et des piments. Tout est possible dans ce grand bazar du bizarre où tout ce que la planète compte de créatifs fauchés, d’artistes amateurs et de commerciaux qui veulent arrondir leurs fins de mois offre ses idées et ses talents. (suite…)

Lucie Acamas et l'armée de Gaïus, par Kouvertures

Mes nouvelles Kouvertures

Imaginez que vous devez publier un nouveau volume d’une série lundi 11 mai. Vous l’avez annoncé à diverses personnes, l’information a été reproduite dans un blog, la promesse figurait dans un concours organisé pour le lancement du nouvel opus.

Prudent, vous avez envoyé vos documents – illustration, textes de quatrième de couverture, cahier des charges – à votre créateur de couvertures habituel quinze jours plus tôt. Cela ne devrait pas être trop difficile pour lui, il ne lui reste qu’à copier et coller les nouveaux textes et fichiers dans le modèle qu’il a créé pour le premier volume.

La date approche, mais l’artiste ne donne pas signe de vie. Vous essayez de le contacter par divers moyens, mais il persiste dans son absence. Son site ne comporte pourtant aucune indication de vacances et la colonne de gauche de Facebook (amis présents) annonce de temps en temps sa présence en ligne. Il pourrait être malade (à nouveau), amnésique à la suite d’un accident de la route, ou tout autre état fâcheux issu de l’imagination fertile d’un auteur de thrillers. Vous vous sentez vaguement inquiet pour lui, mais tout autant pour votre projet. Sans lui, vous ne pouvez produire ni commander une couverture dans la lignée des précédentes. (suite…)